The lines that continue to separate us: Borders in our 'borderless' world

The lines that continue to separate us: Borders in our 'borderless' world

Focus spatial
Monde entier
Langue(s)
Anglais
Catégorie principale
Introduction

L’article balise les principaux acquis en étude des frontières et balise les priorités futures pour ce domaine avec un accent donné aux approches de type bottom-up.

Résumé

L’article propose un retour sur l’émergence du domaine des études sur les frontières au début du XXIe siècle. Retour sur l’émergence du domaine au début du 21e siècle. Il insiste sur la nécessité de construire un langage commun et des concepts partagés mais sans pour autant défendre l’idée d’une théorie unique et unifiée. Ce texte propose un programme à suivre pour approfondir les thèmes de recherche de ce domaine, programme qui donne une grande part sur l’analyse et la compréhension des récits individuels et des expériences quotidiennes provenant du terrain d’étude.

Contenu

Le texte s’ouvre sur une réflexion de nature épistémologique qui rappelle le point de départ incontournable de toute recherche prenant les frontières pour objet : elles sont des lignes de démarcation établies pour ordonner le monde même à l’époque de la globalisation. Un bref état de l’art permet d’identifier les principales approches qui se sont succédées dans le domaine : les approches historiques et géographiques conventionnelles, l’étude des dynamiques transfrontalières et la déconstruction de la notion de monde sans frontière, les approches interdisciplinaires, la compréhension des relations entre frontière et identité, les différentes échelles territoriales et les questions de gouvernance associées.

Le texte parcoure ensuite plusieurs notions et sujets importants dans le domaine avec pour objectif d’établir une terminologie partagée : les frontières en tant processus, les frontières en tant qu’institutions, les espaces de transition, l’ouverture et la fermeture des frontières.

La dernière partie du texte s’appuie sur des exemples concrets pour illustrer comment la nature des frontières et leur vécu sur base quotidienne impactent les récits et discours sur les frontières. Cette partie aborde les frontières irlandaises, franco-espagnole (Pyrénées), israélo-palestinienne et indo-pakistanaise. Ces différents exemples nous rappellent que pour parvenir à une terminologie commune et pertinente on ne peut pas exclure l’histoire des frontières et les multiples définitions qu’elles revêtent selon différents champs scientifiques.

Conclusions

Si le phénomène de globalisation a mis l’accent sur l’ouverture des frontières, il n’a pour autant pas écarté le fait que les frontières incarnent avant tout des lignes de démarcation. La démarcation engendre toujours un processus de séparation qui peut mener ensuite à une unification. C’est ce dernier processus, bien que secondaire, qui mérite toute l’attention des études sur les frontières en contexte de paix ou de conflit.
L’objet privilégié des études sur les frontières n’est non pas la frontière en soi mais surtout l’ensemble des phénomènes tangibles ou intangibles liés aux cultures, à l’histoire, aux pratiques sociales qui se concentrent autour de cette frontière.

Il n’est pas possible, ni pertinent, d’élaborer une théorie unique sur les frontières. Il est par contre primordial et nécessaire de travailler ensemble à la constitution d’un langage commun. A cet égard, le domaine des études sur les frontières présente une analogie avec son terrain d’étude. Si on peut traverser les frontières entre disciplines scientifiques, on ne peut pas pour autant les effacer.

Messages clés

Le domaine de l’étude des frontières présente deux défis majeurs :

  • Tout d’abord, accepter la nature première des frontières à savoir le fait qu’elles ont une fonction de démarcation. Il ‘agit d’un préalable nécessaire pour pouvoir comprendre, dans un deuxième temps, les phénomènes d’ouverture, de traversée ou de porosité des frontières.
  • Ensuite, il s’agit d’un champ interdisciplinaire qui doit composer avec une grande diversité d’approches théoriques et scientifiques sans réduire cette diversité. La constitution d’un langage commun, partagé n’est pertinente qu’à cette condition.
Pilotage

David Newman

Auteur de la note
Personne de contact
Date de création
2020
Publié dans
Progress in Human Geography, April 2006